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Je ne reviendrai pas sur le fait qu’en rentrant chez moi vendredi soir j’ai eu le plaisir d’entendre mon mec crier à pleins poumons “Vas-yyy mets-la ouuuii !”
Sur un malentendu, on aurait pu croire qu’il avait envie qu’on échange les rôles, et que je tenais enfin une occasion de sortir mon Share XL de sa planque (dans le cagibi, derrière l’aspiro). Mais non, il était tellement absorbé dans son match France-Vuvuzuela qu’il ne m’a même pas entendue lui répondre “Tu la sens ?”.
Dépitée, j’ai été relire Proust dans la chambre, et siroter une verveine mûre/camomille.
Le Share, il est bien sympa mais il ne me sert à rien. Je pourrais peut-être y accrocher mes colliers et bracelets, au lieu de les laisser traîner.
J’ai bien une amie qui se sert de la Tenga comme d’un bibelot décoratif. La preuve en images :

Sans avoir la libido d’un ex-taulard, j’aime assez que mon couple atteigne un quota a minima de câlins/semaines. Enfin, ça c’était dans les cinq premières années, depuis on est passés au taux câlins/mois.
Je ne me plains pas, ce sont de beaux, de magnifiques câlins.
Ce qui m’agace, c’est cette impression d’avoir une vie sexuelle “en-deçà” de la norme, de générer un sentiment de frustration alors que tout va bien dans mon couple, tout ça parce qu’à l’extérieur on m’enjoint dix à douze fois par jour de m’envoyer en l’air, si possible avec plein de partenaires différents et de façon très compliquée (suspendue à un lustre, avec des chants tyroliens en fond sonore…).
C’est mal foutu, leur affaire : si tu es fidèle à ton partenaire depuis la nuit des temps la société du spectacle de la jouissance perpétuelle va t’insinuer lentement mais sûrement que tu ne profites pas assez des expériences qui passent, légères et offertes, tout près de toi.
Si tu multiplies les coups d’un soir, bam, tu as un sacré problème également : As-tu bien dépassé le stade anal, quand tu étais petit ? Ta relation à tes parents est-elle saine pour un grand gaillard de 30 piges ? Et Ikea, dans tout ça, quand est-ce que tu leur présentes quelqu’un? Mal foutu, je vous dis. On reçoit sans cesse l’ordre de profiter, d’expérimenter, de jouir, et il faut aussi savoir construire une relation sur la durée, basée sur la confiance et la tendresse mutuelle.
Je ne dis pas que c’est infaisable ou impossible, beaucoup de couples y parviennent tranquillou sans se poser plus de questions : beaucoup aussi se sentent en permanence malheureux alors qu’ils devraient tout simplement se foutre de toutes ces images extérieures qui tendent à leur imposer une “bonne” façon de prendre leur pied.
C’est comme d’être hétéro, homo, bi ou trans. Quoique tu sois, il y aura toujours un discours tendant à rendre problématique ta sexualité et tes désirs. En travaillant dans un sex-shop, je passe mes journées confrontée à des personnes convaincues qu’elles ont un sérieux problème, ou persuadées qu’elles ne seront jamais telles qu’il faudrait être. Les couples libertins vont craindre le regard désapprobateur des autres, les couples straight vont se sentir dévalorisés car ne s’inscrivant pas dans une logique de jouissance permanente.
Et puis me voilà, moi, avec ma verveine-camomille, à me demander quelle était la dernière fois que j’ai fait l’amour avec mon mec, alors que je passe mes journées à parler de cul comme s’il s’agissait de biscottes. Pendant un instant, je me suis demandé si c’était problématique. Si ces (bientôt) 10 ans avec Kevin ne nous avaient pas achevés, si ce n’était pas l’heure de faire un bilan.
Fuck. Pourquoi est-ce que je me laisserais imposer une vision du couple qui n’est pas la mienne ? Vivez, forniquez, copulez, papouillez libres. Un seul partenaire ou trente-six mille soixante-douze, hommes ou femmes, attachés avec des mors dans la bouche ou missionnaire : Si vous ne faites pas strictement ce que vous voulez dans votre lit sans vous poser plus de questions, vous êtes mal barrés.
Avec Kevin on s’est endormis tout simplement, juste en se touchant pour s’assurer de la présence de l’autre. Et voilà, je suis super heureuse comme ça et n’ait aucun besoin d’être dans la performance sexuelle pour me regonfler l’ego…
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1 LA VILAINE // le 13 juin 2010 à 21:10
Moi mon objet de déco, c’est le p’tit canard. Je le kiffe, du coup, je ne veux pas m’en servir ^^
2 Coline // le 13 juin 2010 à 21:17
C’est toujours ça le problème, la distance entre une norme bien établie quii fait office de “limite” et ce sexe à l’outrance qui est tant à la mode aujourd’hui… Enfin bon, je veux pas être réac!
Après en ce qui concerne le truc d’écrire sur le sexe et de pas forcément vivre dans une orgie fantabuleuse tous les jours, c’est toujours uen histoire de distance entre le sexe “public” comme on en parle à la terrasse d’un café et le sex privé et vécu…
Enfin bon tout ca pour dire, vive le sexe, vive l’amour et les hélicoptères!
3 Valmont // le 14 juin 2010 à 8:12
Y manquerait plus que la performance sportive investisse aussi les couches… nuptiales et autres terrains de “sport” en chambres ! Mon petit doigt me dit, oui, que les ventes de sex toys vont grimper pendant quelques temps (je n’aime pas le foot, oui je sais je me soigne, sourire), amitiés.
4 Cuné // le 14 juin 2010 à 9:44
Les hélicoptères, surtout !
5 Cuné // le 14 juin 2010 à 9:45
Vilaine, c’est parce qu’il y a plus sexy qu’un canard
6 EroDojo // le 14 juin 2010 à 13:42
Très belle réflexion… comment accorder les rêves-pulsions et la réalité. Tout un combat, toute l’œuvre d’un couple, d’une vie. La tendresse est une base infaillible… Pensées.
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