“Affamée”

Vous êtes un félin. Pas un chaton débile qui joue avec des souris en tissu, non, voyons. Un roi de la gouttière et vous êtes affamé(e). Quelque part dans cet appartement paisible plongé dans la pénombre, meubles poussés pour prévenir tout dégât lié à la bagarre, se tapit votre casse-dalle apeuré.
Que la chasse commence !
“Bonjour, bel inconnu”
Coups de chaud, lapsus révélateurs, sensation d’être défoncé à un euphorisant très puissant, ça vous rappelle quelque chose ? Eh, oui, votre rencontre, bien avant que vous ne partagiez vos miasmes / une portion de canapé / une rancoeur latente.
Rejouez les premiers jours aussi excitants qu’inquiétants. Quand rien n’est définitivement établi, que les gestes n’ont pas de mémoire implicite, et où la complicité intellectuelle est réduite à très, très basse échelle (cf. un intérêt commun pour les mojitos).
Pas besoin d’avoir fait Actor’s Studio, le jeu prendra le dessus. Sauf si vous avez la capacité de projection d’un bulot mais ça, c’est votre problème.
“La sultane et son esclave”
Explorez les jeux de domination-soumission en évitant de passer par la case “cagoule hermétique avec tuba pour respirer”. Un dominant passif et un esclave actif, aucun n’étant jamais tout à fait celui qu’on croit, n’est-ce pas. Un bon coup de fouet à une libido en mode veille.
“Deux minutes”
Peu importe le lieu ou l’instant, le but est de forniquer en deux minutes chrono en zappant tout ce qui est invitation polie à la débauche : baisers, préliminaires, recommandé avec accusé de réception. Une séance de baise brute qui se passe de paroles, vite fait bien fait. Le petit livre qui propose toutes ces idées (voir notes en bas de page) précise qu’il faut se vêtir de façon simple.
Hum, c’est sûr que quand votre copine porte, par exemple, un slim, le temps d’extraction tue quelque peu le sentiment d’urgence.
Comment créer son propre jeu ?
A chacun ses règles. Pour un bon déroulement des opérations, souvenez-vous :
1. D’établir une charte éthique commune comportant une clause confidentialité et une mention “limites à ne pas outrepasser”.
2. De varier les rôles. Même quelque chose d’aussi mécanique qu’un manège ne tourne pas indéfiniment dans le même sens, alors une fois que vous aurez joué douze fois au manifestant et à la CRS, songez à inverser avant de vous lasser.
3. Pas d’acharnement : Le sexe n’est pas une compétition, si au bout de deux minutes vous sentez monter un certain fiasco, et rien d’autre qu’un fiasco, bon ben il y a toujours un l’option télécharger un film et se raconter sa journée.
Ces fantasmes à déguster à deux sont issus de 36 jeux drôles pour pimenter votre vie amoureuse, par Albertine et Christophe Maurice (Editions 84), très bientôt au Passage du Désir avec d’autres titres tout aussi vicieux voire innommables (Le Kamasûtra dans l’eau, Massages inventifs..).
Allez, en bonus “Les jeux de Cunégonde”, s’il vous plaît :
Le Nan au fromage : Vous êtes la pâte, il est le cuisinier. Il faut vous pétrir, vous rouler, vous enduire, vous couvrir, vous chauffer. C’est tellement sensuel un Nan fromage, j’espère que vous vous en rendez compte.
Paris Plage : Etendez une serviette sur le sol de votre appartement (près de la fenêtre), installez-vous dessus en maillot et munie d’un bouquin. Guettez le plagiste qui vous étalera avec une gentillesse sournoise votre crème (concrètement, votre copain qui voudrait passer un dimanche tranquille, est-ce que ça serait possible sans tout ce cirque, nom de dieu ?!).
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1 La Souris en Goguette // le 6 juil 2010 à 20:29
Le nan au fromage, c’est le genre de jeu de rôle qui marche même les soirs de grand épuisement : à retenir !
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