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- Et si on jouait cette partie à plusieurs ?
Nos fantasmes sexuels peuvent se soumettre aux lois de notre raison, ou être tellement absurdes qu’ils en frôlent l’inquiétant. Une rêverie érotique peut faire passer L’Exorciste pour une bluette. Si on en croit les confidences 2.0, il est plus répandu de rêver tordu que de rêver straight.
Le fantasme érotique violent qui fait très peur

Fantasme récurrent chez les femmes qui se rêvent plus rarement (ou plus mûres) en agresseurs cagoulés.
Il doit y avoir une explication tangible et sociologique à ce phénomène mais, ne m’appelant pas Virginie Despentes, je n’ai strictement aucune envie de boxer avec cette problématique et dirais simplement que c’est sain de se défouler de ses peurs les plus primitives. Combler sa pulsion de mort. Flirter de temps à autres avec floues de la répulsion.
Plus sain en tout cas que de les refouler jusqu’à atteindre la névrose aigüe. Celle qui vous fait manger bio, faire du vélo près du Canal Saint Martin et trouver les bébés des autres mignons même quand ils sont moches et vous ont chié dessus. Histoire de prouver au monde entier que vous aimez le monde, la vie, et courir dans des prés avec des chatons qui chantent. Que jamais au grand jamais vous n’avez eu de fantasme “déviant”.
Les rôles sexuels dans le fantasme

Ben oui, ma pauvre Lucette, c’est étrange.
Nouvelle question : qui est-on quand on se masturbe, ou quand on fait un rêve érotique ? Dans l’exemple de l’amour à plusieurs imaginaire, est-on spectateur ? Partie prenante ? Oui, il y a jeu de mots, tu l’as remarqué, petit malin. Qui regarde-t-on, qui est-on ? Dans l’auto-érotisme, la distribution des rôles est trouble.
L’emphase du fantasme

Pire encore que dans un porno, le fantasme érotique doit être « trop » pour être efficace. L’objectif, rappelons-le, reste la rapidité d’exécution, personne étrangement ne passerait une nuit blanche avec lui-même.
Trop dans le beau, le bien, le bon ou trop dans l’étrange, le caricatural, le dérangeant. Fantasme d’inconnu, d’urgence, de romantisme, de brutalité, de soumission-domination… Quand scénario il y a, et que la rêverie érotique ne repose pas uniquement sur le souvenir d’une personne déjà pratiquée, le fantasme a tous les droits sur la mise en scène pour faire strictement n’importe quoi, et le faire sans lésiner sur l’excès si possible.
Raconter ses fantasmes à son partenaire ?
Couple et plaisir solitaire semblent pouvoir rarement cohabiter sous le même toit. Dans American Beauty, lorsque le personnage du mari joué par Kevin Spacey se branle énergiquement dans le lit conjugal aux côtés de sa femme qui tentait de dormir, cela ne peut passer plus clairement que comme un « Je t’emmerde ».
On accepte de l’autre qu’il ait une sexualité autonome, mais pas excessivement non plus. Seul, par exemple, c’est vite scandaleux. A quoi pensais-tu ? A qui pensais-tu ? Tu te branles parce que tu n’as plus envie de moi. Parce que c’est nul avec moi, t’en as déjà marre. Parce que tu penses à quelqu’un d’autre.
Se branler à l’aise Blaise à côté de sa compagne prête à ronfler, c’est pas très fin. Et puis quoi ? Il/elle ne va pas vous être infidèle ou vous quitter pour autant. L’onanisme est une facette presque autonome de la sexualité, avoir des fantasmes et des moments à soi est un droit inaliénable qui devrait figurer dans la Constitution tant il peut être important pour la construction de soi et, par suite logique, la juste relation aux autres.
Dire à son ou sa partenaire « J’ai pensé à quand on avait fait l’amour tel jour dans la voiture blablabla » est de l’ordre du fantasme à partager, « J’ai rêvé que je baisais avec nos voisins» fait partie d’un jardin secret propre à chacun.
Les limites de l’interprétation

Il faut arrêter les forums, sites pseudos médicaux et autres sources d’ulcère. Vous avez rêvé de faire l’amour avec un Gremlins qui avait le visage de votre orthopédiste, vous étiez suspendue à une corde en chanvre et il a commencé les festivités en vous chatouillant les orteils d’un plumeau rose fuchsia ? Vous êtes normal(e).
Quoiqu’il survienne dans votre tête quand vous vous branlez, vous êtes normal(e).
Tant que des cloisons mentales tiennent bon, et que vous ne commencez pas à souffrir de vos envies hors espace-temps consacré à la masturbation, ne focalisez pas dessus, ne paniquez pas, ne tapez pas « fantasme bizarre orthopédiste poilu » dans Google. Google ne sait pas. Les « invités » sur les forums non plus. Il n’y a rien à savoir.
Certaines questions méritent d’être soulevés, si votre fantasme récurrent est de vous faire fouetter les fesses avec un fouet à battre les œufs en neige, eh bien achetez-vous ce foutu fouet et éclatez-vous. Cela veut probablement dire, en effet, que vous avez une tendance au masochisme et que vous seriez plus heureux en l’explorant. C’est tout. Nos fantasmes ne sont pas des labyrinthes de symboles où des révélations sur votre Moi inconscient vont vous bondir dessus sans crier gare derrière chaque recoin obscur de votre psyché.
Tout comme personne au monde ne vous signera d’autorisation pour rêver plutôt de certaines choses, et pas d’autres. Vous êtes libres.
Ca doit être ce qui est aussi effrayant, au début.
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1 Zorg // le 14 août 2010 à 9:48
Aaaaah! Ça fait du bien de lire te telles conclusions! Merci!!!
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