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Dans le métro, hier matin. Les yeux gonflés, la minés de fatigue, je m’assoie mollement sur un strapontin (moins confortable tu meurs) mais qu’importe, c’est toujours mieux que debout et littéralement scratchée sous l’aisselle poilue d’une vieille dame qui souffle encore, comme un vieux boeuf enragé, d’avoir escaladé, difficilement, les 5 marches qui l’ont menée sur le quai.
Bref, toujours est-il que ça y est , je suis assise et le balai infernal des oeillades croisées peut commencer. Personne ne peut s’en empêcher, c’est comme gravé dans nos gênes ce truc là. Tu regardes à droite, un mec tourne le regard et t’observes, tu tournes à gauche c’est la jeune lycéenne d’en face qui mate tes chaussures avec un air dédaigneux. Tu regardes tes genoux, tu te sens observée et c’est encore pire car tu ne sais pas par qui. Alors tu lèves le nez et tu regardes par la fenêtre et là, alors que le tunnel défile, que les lumières des lampes naissent et s’évanouissent, c’est un peu l’éléctrocardiogramme du métro, tu nages dans la poésie, te laisses aller à tes rêveries les plus intimes et d’un coup, “Pouaaaaaaaaaah” , les yeux lubriques du vieux, à l’autre côté du wagon, apparaissent sur le reflet de la fenêtre et oui, il te regarde, sans scrupules, il soutient même le regard.
Pas étonnant, dans cette ambiance denuée de toute sanité, qu’un mec finisse par avoir envie d’engager la conversation. Une idée saugrenue bien sur, parce que toi, même dans tes pires cauchemars, tu n’en aurais pas envie.
Casquette bleue, jean bleu, tee shirt blanc, basket fluo. L’individu me regarde c’est sur, mais cette fois, ce regard vient de par-dessus mon épaule, à gauche, regard en coin, qui colle. L’inconnu se tourne vers moi d’un coup et je sens qu’il va me parler dans le dixième de seconde. Ca ne rate pas.
Lui : “Et sinon tu niques ?”
Moi : “…”
Lui : “Bah je sais pas ton look de Marie chantal là, et bah il m’excite”
“Y parait que c’est celles qui en ont pas l’air qui sont les plus chaudes”
Il ricane bêtement.
“bah alors, tu sais pas parler ? T’es muette ?”
Moi : “…”
Lui : “…”
Les gens : “…”
Ce qui aurait pû me choquer dans cette histoire c’est que le mec est un inconnu qui atteint finalement en 10 secondes chrono un degré d’intimité avec moi, jamais atteint par un de mes petits amis en 6 mois. Ce qui pourrait me choquer surtout c’est que ce mec à zero respect de la gent féminine, que c’est juste un gros dégueulasse qui ne sait que dire tout haut ce qu’il pense, sans appréhension que ses mots ne me blessent .
Oui mais on a tellement l’habitude de ce genre d’individu que finalement, ça finit par faire partie du décor de la ville.
Et bien curieusement lecteur, non, je n’ai pas été choquée par cette agression en tant que telle, mais par le propos.
Merde, visiblement, je n’inspire rien de sexuel et pire, les mecs finissent par penser que je suis tellement eloignée du concept même de la femme attirante que je finis par devenir attirante malgré tout. Je suis un peu comme un monstre. En me créant, on a balancé un personnage du film Freaks dans la réalité.
Vous me direz j’ai toujours soupçonné ce truc là parce que pour être honnête, les prétendants, aussi loin que je me souvienne, ne se sont jamais bousculé à mon portillon à moi, soyons clairs. Maintenant que les mots ont été lancés, ils font mal tant ils veulent bien dire ce qu’ils veulent dire.
Kévin doit être un peu fou pour m’aimer.
Je pense que finalement, je sors avec un original.
Mais revenons-en à nos moutons, le métro, heureusement, ce n’est pas que ça. Ca peut même être assez romantique.
Voyez plutôt ce site, dilelui . Il permet de déposer votre déclaration d’amour, un peu comme une bouteille à la mer, à une
personne que vous auriez croisé dans un lieu public.
Vous savez bien comment ça se passe. Les rencontres sont parfois tellement furtives, vous êtes entouré(e) de gens, avez peur de vous prendre un rateau, êtes un peu hypnotisé(e) et immobilisé(e) par le coup de foudre. La personne part. Le son revient. La vie reprend.
La vie reprend oui, mais un peu nulle, avec la quasi-certitude que vous venez peut être juste de rater le coche et d’être passé à coté d’un truc magique. Bêtement.
Voila pourquoi ce joli site existe.
Vous décrivez la personne, donnez des indices pour qu’elle se reconnaisse : vêtements, phrases prononcées, livre qu’il/elle lisait, station de métro, numéro de rue, couleur de la voiture…
Plus les gens connaitront ce site, plus les belles histoires d’amour seront possible. Le problème, c’est que les gens postent des avis de recherche, mais personne ne les consulte.
Soyez mignons, faites passer le message. Tatie Cunégonde vous remercie bien bas .
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1 La Souris en Goguette // le 26 août 2010 à 22:47
Belle entrée en matière, tout de même.
2 Fat loss Blog » Blog Archive » Too much large for être immobilisé in prison (the pepper of Daily) // le 27 août 2010 à 7:28
[...] Le metro poli (p'tain !) [...]
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